mardi 19 juin 2007

L'exemple de la leçon











A la suite de cette soirée "aquatique", Messire Bacouël m'a envoyé ce message et des images de sa propre construction d'un appareil à sténopé format 6 x 12 :
Voici les premières photos faites avec un appareil de très haute technologie .

"C'est le Sténopé 6X12 que je me suis fabriqué en m'inspirant des conseils et des plans de MARIE-NOËLLE.Il est loin d'être parfait , mais je vais essayer de corrigé certains points et il faut que je lui mette un obturateur ,ça sera mieux qu'un morceau de gaffer ."

Leçon par l'exemple


Ce fameux morceau de carton n'est pas devenu camera obscura par la seule force du Saint-Esprit. Il a quand même fallu un peu d'ingéniosité, du travail manuel, quelques matériaux... et un peu de temps !
Pour que vous en sachiez autant que les Eaubonniens (?, Eaubonnois, Aguabonnards...???) voici quelques explications et schémas pour fabriquer à votre tour ce fabuleux 6 x 18 que vous ne pourriez trouver dans le commerce qu'à prix d'or!

Cette caméra permet de prendre 4 vues sur un film 120,
avec un angle de champs d’environ 120 ° et une distance focale de 58 mm.
Les dimensions qui sont données le sont à titre indicatif. Elles dépendent en effet de l’épaisseur du carton utilisé.
Je précise tout de suite que j'ai choisi le carton pour des raisons de simplicité. Il est bien évident qu'on peut le faire pour quelques euros de plus en contreplaqué de 5 mm, mais tout le monde n'a pas à sa disposition les outils et l'emplacement nécessaires pour une telle réalisation. J'au pu construire cet appareil sur mon bureau, dans ma chambre... pratique!

Matériel
Du carton fort de 2 mm d’épaisseur
Une règle
Un crayon à papier
Un bon cutter
De la colle en tube
Du papier kraft gommé, blanc ou marron, peu importe
Un petit récipient avec de l’eau et une éponge (pour éviter de passer constamment la langue sur le kraft gommé)
Un trombone ou du fil de fer
Deux bobines vides de film 120
Peinture noir mat en bombe ou en pot (avec un pinceau)
Une épingle
Du gaffer noir
Une lime à ongle (en carton)


La boîte est construite en quatre temps pour former trois modules qui assureront l'étanchéité à la lumière.

I- Premier module : La fenêtre et l’emplacement des bobines (cf plan 1)

Découpez un morceau de carton de 286 mm x 68 mm et marquez au crayon les lignes « a » et « b » comme indiqué sur le plan 1.
Passez un bon coup de cutter selon les lignes « a » sur une face, sans toutefois découper le morceau de carton. Cela vous permettra simplement de le plier dans le sens contraire à votre découpe.
Refaites cette opération selon les lignes « b », mais cette fois ci sur l’autre face. Votre pliure sera donc inversée.
Evidez la fenêtre représentée en gris clair. Ne jetez pas le bout de carton, il nous servira pour en extraire de petits bouts.

Pliez votre carton selon les découpes effectuées. Vous devez obtenir ce qui est représenté sur la figure 2 :
Sécurisez vos pliures en collant des morceaux de papier kraft des deux côtés comme indiqué en rouge sur la Figure 2.

II- Deuxième module : L’intérieur de la boîte
Ce que vous venez de fabriquer doit être imbriqué dans un cadre pour former l’intérieur de votre boîte.

Découpez 2 morceaux de carton de 56 mm x 68 mm.(largeur =56 mm; hauteur : 68 mm) Ceci constituera les côtés gauche et droit de votre cadre.
Découpez 2 morceaux de carton de 56 mm x 232 mm pour constituer le haut et le bas de votre cadre.
Sur le carton que vous destinez au haut de votre cadre, faites une découpe comme indiqué en gris clair sur la figure 3. Ce trou permettra l’entraînement de votre film.

Collez les 4 côtés de votre cadre à l’aide de papier kraft, intérieur et extérieur, en veillant au chevauchement perpendiculaire des grands côtés sur les petits. Le trou d’entraînement doit se trouver en haut et à gauche !
Placez en haut et en bas, à droite et à gauche, de petites cales (27 mm x 3 mm) aux extrémités des grands côtés à 15 mm des bords (cf photo 4).
Dans le cadre, introduisez le premier module, de manière à ce que le logement des rollfilms vienne buter sur vos petites cales (cf photo 4)

Collez côté intérieur et extérieur avec le papier kraft.
Vous pouvez constater qu’ainsi l’ouverture de la fenêtre d’exposition n’est pas totalement
plane ; elle présente une légère courbe. (cf photo 5)
Cela permettra de ne pas avoir une trop grande différence d’exposition entre le centre et les bords de l’image. Vous pouvez choisir d’accentuer cette courbure pour éliminer les différences d’exposition en réduisant la longueur de votre boîte, mais vous introduirez alors une légère déformation.

III) Troisième module : le fond de la boîte

Le principe est identique à ce que vous avez fait précédemment, à cela près que l’on ajoute le fond qui protégera la pellicule de la lumière. (cf. plan 2)
Le dessus et le dessous : 234 mm x 56 mm chacun
Le fond : 78 mm x 234 mm
Les côtés qui engloberont les épaisseurs : 78 mm x 58 mm
Le dessus doit contenir la découpe permettant le passage pour l’entraînement de la pellicule : à 10 mm du bord avant gauche, découpez sur 12 mm de large et 38 mm de long.
Le fond doit aussi être découpé pour permettre de lire le numéro d’avancement des vues : une petite fenêtre de 11 x 14 mm à 47 mm du bord gauche et 33 mm du bas. Conservez ce petit bout de carton, il vous servira pour créer un « bouchon » qui protégera la pellicule de la lumière ; cela ne vous empêche pas de mettre un filtre rouge inactinique en plus !
Coupez une bobine 120, vide de manière à obtenir une partie de tige d’environ 1,5 cm. Limez le trait de coupe pour ne pas avoir d’aspérités. Cela deviendra le bouton d’entraînement du film qui sera passé dans la fenêtre que vous venez de découper.

IV) Quatrième module : l’avant de la boîte

Il est vrai que l’on aurait pu choisir de fixer un « corps avant » sur le premier module. Cela aurait fait moins de travail, mais j’ai craint que le chargement de la pellicule soit moins aisé et j’ai surtout voulu jouer la carte de la sécurité vis à vis de la lumière. Avec ce quatrième module, la pellicule se trouve enfermée par une chicane bien étanche. (cf.plan 3)
La construction est toujours surle même modèle :
Le dessus et le dessous : 242 mm x 58 mm chacun
Les côtés : 58 mm x 78 mm
La face avant englobera les épaisseurs des autres côtés : 82 mm x 242 mm
Comme précédemment, le dessus contient la découpe pour l’entraînement de la pellicule : à 14 mm du bord avant gauche,
découpez sur 12 mm de large et 33 mm de long.
La face avant de votre boîte doit être découpée en son centre pour permettre le positionnement de votre sténopé.

V) L’obturateur
Vous fabriquez en même temps l’obturateur et le déclencheur en découpant un morceau de carton en forme de « L ». Une branche plus large que l’autre protège le sténopé de la lumière, la plus fine permet de faire pivoter l’ensemble, découvrant ainsi le petit trou. Une simple épingle piquée dans un coin et à travers de la face avant de la boîte permet ce pivotement. De
manière à bloquer et à maintenir votre obturateur, utilisez des chutes de carton que vous collez autour de lui quand il est dans sa position de repos.










VI) Les finitions
Première chose à faire : peindre en noir toutes les parties intérieures de la boîte.
Par prudence – ce n’est que du carton, fort certes, mais du carton quand même ! – protégez l’extérieur de votre boîte en la recouvrant de… ce que vous voulez. Le plus simplement, j’ai utilisé de la peinture acrylique qui l’imperméabilise un peu. J’ai également renforcé toutes les arrêtes du module extérieur par précaution et pratiqué quelques encoches pour ouvrir plus
aisément la boîte.




Le petit bout de carton que je vous avais conseillé de conserver lors de la construction du module 3 doit être collé sur un plus grand bout (cf photo ). Avec du ruban adhésif, il pourra s’ouvrir et se fermer vous laissant voir le numéro de la vue lors de l’avancement de la pellicule. Ce cache vous permettra en même temps d’avoir un petit « pense-bête » : le diaphragme de votre sténopé, le numéro des vues à afficher…N’oubliez pas vous venez de construire un 6 x 18 ! Ici, une vue utilise la même longueur de pellicule que 3 vues en format 6 x 6…


Pour faire avancer votre film, vous avez besoin d’un petit bouton. Prenez l’une des deux bobines de roll-film 120 et découpez là, à environ 1,5 cm d’une des extrémités : Passez votre coupe au papier de verre afin de bien lisser ce nouveau bout et ne pas vous blesser par la suite.
Détendez votre trombone et retordez le pour l’adapter aux dimensions de l’ouverture de la bobine : il servira de liaison d’entraînement entre votre nouveau bouton de bobinage et le support de votre pellicule.

A vous de jouer, maintenant!
Vous pouvez cliquer sur les images pour les voir en plus grand, ce qui vous facilitera la tâche surtout pour les plans ! :-))
Si vous me laissez un message (avec votre adresse mail) je peux également vous envoyer un pdf de cette construction!

Conte de fées à Eaubonne

Il était une fois un morceau de carton qui rêvait de devenir appareil - photo; alors il est venu me voir et m'a dit "s'il te plaît, dessine moi en camera-obscura".

C'est ainsi que naquit un appareil 6 x 18 qui a fait le tour du monde et a servi d'exemple pour des afficionados d'Eaubonne...

Un conte de fées, pensez-vous ? presque!




Un beau Mercredi soir du mois de mai, une Limousine passa me prendre au Centre Culturel André Malraux du Bourget. Le chauffeur, Messire Bacouël, m'emmena à travers des petites routes de campagne jusqu'à son fief d'Eaubonne. Là, avant d'entamer la présentation de ce fameux appareil, bonne chère et bons vins nous permirent de faire ripailles.


Puis vint le temps des choses sérieuses ! En apprentis attentifs tous se réunirent autour d'une grande table et les présentations commencèrent. Seul, Messire Patrick tourna autour de cette table, non pas pour quelque danse incantatoire afin de faire venir des esprits égarés, mais pour manipuler son digitalis aparatus qui enregistra les quelques images ci-jointes.

jeudi 24 mai 2007

Les (pou)Belles images


Il ne suffit pas de dire que l'on a transformé une poubelle en Camera Obscura munie d'un sténopé et de raconter que l'on a fait des images avec !
Encore faut-il le prouver!
Donc pour les petits curieux, voici ce qu'on a obtenu comme images au cours de ce stage.

La taille de la poubelle permettait de mettre une émulsion sensible d'environ 40 sur 80 cm.
Donc, à moins de faire une mosaïque de plan-films 4 x 5 inches - ce qui ne serait pas inintéressant au demeurant-, la solution était d'utiliser du papier.
Par chance, Arnaud avait dans son escarcelle du papier noir et blanc en rouleau de 24 cm de large.
Nous avons donc découpé deux bandes de 80 cm que nous avons scotchées l'une à côté de l'autre à l'intérieur de la poubelle.
C'est pourquoi vous verrez à chaque fois une ligne verticale au milieu des images.

La première image, à titre d'essai, a été réalisée dans la cour du Centre Culturel et montre le bâtiment qui abritera la Capsule, future résidence de photographe. La chose est tellement rare qu'il faut signaler son existence !


Pour la seconde image nous nous sommes aventurés un peu plus loin, jusqu'au carrefour. La poubelle était vraiment très au bord et il fallait la tenir pour qu'elle ne "s'envole" pas au passage des voitures, camions et autres autobus!
La circulation était "dense mais fluide" comme on dit à FIP... c'est bien en raison de cette fluïdité qu'aun engin motorisé n'est visible. Seules quelques traces suggèrent leur passage.








Pour finir, nous sommes allés un peu plus loin encore dans un lotissement en construction où nous avons découvert ce terrain vague avec un gros bloc de béton au milieu.
Le format de la poubelle nous donnant quelque chose se rapprochant du panoramique, nous avons décidé ici de l'essayer non plus avec la poubelle en position normale, debout, mais en la couchant. Pendant la pose de plusieurs minutes nous avons grimpé tour à tour sur le bloc de béton.
Vous avez donc en prime un portrait de groupe!

lundi 21 mai 2007

Quelques images en couleurs de la JMPS

Chose promise, chose due!
Voici enfin quelques ektas réalisés pour le Pinhole day.
Je n'ai pas encore décidé de ce que j'allais mettre sur le site du WWPD, alors si vous avez une idée...

Dans le parc du Bourget, pendant qu'Arnaud et Jean-Claude montaient le cyclope, il y avait un spectacle avec quelques jongleurs. En voici un qui s'échauffait devant des spectateurs déjà très attentifs.






Qui dit parc, dit herbe et petites fleurs, des paquerettes en l'occurence. Appareil au ras du sol avec pomme de pin en premier plan. Bon, OK, c'est moi qui l'ai mise là pour éviter de n'avoir que de la verdure...






Le mot photo du mois de mai étant le rouge, j'ai profité de la présence d'une voiture de la bonne couleur... N'oubliez pas d'aller voir le blog - en lien dans la colonne d'à côté!






Enfin, un tag plein de couleurs le long du chemin "sauvage" qui menait à la voie ferrée.

dimanche 20 mai 2007

Elise et son sténopé




Comme l'an dernier j'ai fait un stage de sténopé avec les élèves du cours photo du Centre Culturel André Malraux. L'année passée je leur avais fait construire leur propre sténopé en partant d'une boïte qu'ils avaient apportés. Pour varier un peu cette année, il était plutôt question d'avoir une grande boîte commune.
Il a malheureusement été impossible de se procurer de ces grandes boîtes de conserve utilisées par les collectivités. Alors j'ai décidé de procéder à un détournement de bien municipal ! Une des poubelles du Centre Culturel allait devenir chambre noire !



Il suffisait donc - après l'avoir bien nettoyée- de faire un trou dans le plastique pour coller le sténopé fait dans le métal d'une bobine de film 24 x 26 et de bomber l'intérieur en noir !





Voici donc Elise et son sténopé grand luxe puisqu'il n'est pas nécessaire de le porter, il y a des roulettes!



















Et les passants se demandent ce qui se passe...
Mais c'est une réunion autour d'un tas de gravats!








Le seul inconvénient est que cette chambre noire n'autorise qu'une sule prise de vue à la fois !
Et pas question de changer la surface sensible dans un manchon chargeur! A moins que ce ne soit le Cyclope...
Donc, retour obligatoire à la case départ...


vendredi 18 mai 2007

Le petit dernier



Ben, voilà ! j’ai craqué !
Samedi dernier il y avait un vide-grenier organisé rue Caulaincourt.
Justement je passe par là quand je promène Billy. Comme d’habitude il y avait plus de brocanteurs « professionnels » que de gens du « crû » pour vendre leurs vieilleries… Mais j’espérais tout de même trouver de vieux boîtiers plastiques que j’aurais transformé en… sténopé… histoire de changer ! Mais hélas rien ! C’est à croire que les enfants n’ont plus que des numériques depuis belle lurette pour accompagner leurs sempiternelles poupées Barbie et leurs jeux vidéos obsolètes. Mais ces jeux se vendent, tout comme les rollers et les Barbies. Il y a donc une vie en dehors d’e-bay ! Mais, pour revenir à ce qui m’intéressait, pas la moindre boîte à se mettre sous la main. Une exception cependant, un papy pro vendait -outre un daguerréotype de 1840 dans son cadre à 120 € (fallait pas l’acheter car il était déjà dans un sale état et exposé au grand soleil je ne donnais pas cher de sa survie le soir même)- donc le papy vendait un joli petit Kodak junior 620. Il en demandait 40 €. J’ai donc bien examiné l’engin, l’ai ouvert, regardé l’objectif, fait fonctionner l’obturateur… tout avait l’air nickel ! Mais je n’avais pas mon porte-monnaie. Je lui ai donc demandé de me le mettre de côté.

De retour à la maison, je regarde vite fait sur le site de Sylvain Halgand (http://www.collection-appareils.com/) pour apprendre que ce petit bijoux était fabriqué entre 1935 et 1937. Ce n’est pas une rareté, bien sûr, mais je ne cours pas après ces choses là, alors peu importe. Il était dans un bel état et possédait ses deux bobines de 620. Donc, après avoir dit au papy qu’on ne pouvait plus faire de photos avec puisque ce n’était plus le même format (je sais, j’ai menti ! pas sur le format, mais sur le fait qu’on ne pouvait plus s’en servir) il m’a baissé le prix à 35 € ce qui me semble quand même suffisant pour un Kodak junior.

Alors donc, le voilà !





Presque sous toutes les coutures

Il est pourvu d'un objectif anastigmat de 105 mm, donc focale normale pour ce format 6 x 9, qui ouvre à f.6,3, ce qui n'est pas énorme.
Les vitesses possibles ne correspondent pas à nos vitesses normalisées, mais c'est l'époque de sa création qui veut ça; on trouve donc le 1/25, le 1/50, et le 1/100 comme vitesse maximale. En plus on a la pose B et la pose T ce qui peut se révéler très pratique en cas de pose longue.
Mais bien sûr toutes ces données techniques ne sont rien tant qu'on n'a pas testé !







Voilà les résultats.
Les prises de vues ont été faites à l'Abbaye de Noirlac. Le viseur-loupe est assez peu pratique, où tout au moins faut-il avoir l'habitude de s'en servir ce qui n'est pas mon cas; en fait je devinais plutôt que je ne voyais dedans! Quant au viseur-cadre externe, c'est certes pratique car on y voit très bien mais il vaut mieux ne pas compter sur lui pour être sûr d'avoir une bonne composition...






Toutes les prise de vues ont été effectuées au 1/50 à f.8 en appliquant la bonne vieille règle des f.16. J'ai quand même comparé avec ma cellule à main, et... c'était bon !
Pour déclencher, la position des mains demande également une petite habitude. Donc je crois avoir fait quelques petits bougés, même lorsque l'appareil était posé ! A revoir donc, et pourquoi pas avec un déclencheur souple...


Evidemment, et je suppose que vous l'aurez noté car c'est visible même via le web, côté piqué, c'est pas vraiment ça ! On est bien loin de la définition d'une optique Leitz, Schneider ou Rodenstock !
Et est-ce vraiment "mieux" que du sténopé ?
Ca reste à voir!
Mais le petit côté rétro est assez sympathique et pour emporter dans un sac ce n'est pas bien lourd... Alors pourquoi pas, pour le fun, sans cellule, pour faire "com' dans l'temps"